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Paco Lozano / Sen No Sen
Brève
Publié le : 06/08/2021

Tokyo 2020 : Leïla Heurtault n’en profite pas

Repêchée pour les Jeux olympiques de Tokyo par ses performances antérieures, Leïla Heurtault n’a pas su entrer dans sa compétition. Elle ne se qualifie pas pour les phases finales.

C’est sans doute dès le premier échange que tout se joue pour Leïla Heurtault. Elle est confrontée à l’outsider de la poule A, la Vénézuélienne Claudymar Garces Sequera, vingt-et-un ans et quarante-neuvième à la ranking list mondiale, qualifiée ici grâce à sa troisième place inattendue au TQO de Coubertin. Un démarrage en théorie à sa main dans une poule qui compte les médaillées mondiales japonaise et chinoise Mayumi Someya et Xiaoyan Yin, et la Turque championne d’Europe 2019 (et de nombreuses fois médaillée) Merve Coban. Mais aussi un piège potentiel avec une adversaire survoltée et pleine d’espoir, à battre obligatoirement pour pouvoir prétendre surpasser toutes les autres.
À l’entrée de la première minute, la Française passe à l’attaque, mettant sous pression la Sud-Américaine sur une série au visage qui finit par toucher… mais sans impressionner les arbitres car, dans son déséquilibre, Claudymar Garces Sequera a lancé un ura-mawashi tout en élasticité, qui touche plus l’épaule que la nuque, mais emporte tout de même l’adhésion. Leïla Heurtault cherche à avancer, à effacer ce mauvais rêve, mais se fait contrer au visage, puis remiser un coup de pied au corps bien bloqué par un mawashi au visage ! La Vénézuélienne en état de grâce peut finir par un dernier contre, pour un 8-0 cinglant.

Dos au mur

La combattante tricolore pouvait encore préserver l’essentiel en battant toutes les autres. Au tour suivant, c’est la Japonaise Mayumi Someya, elle-même battue d’entrée par la Turque Coban, qui lui faisait face, avec la même obligation. La Française déclenchait, la Japonaise remisait et le premier point tombait pour la contreuse. Déterminée, la Française reprenait l’initiative, à nouveau contrée d’après les juges ! Mais la vidéo demandée avec pertinence révélait bien l’impact français. Le point était donné et, à 1-2, le combat pouvait encore changer d’âme, d’autant que Heurtault se lançait dans une attaque en deux temps que les arbitres voyaient juste cette fois. Mais la vidéo demandée par le coach japonais allait ramener Someya devant, par 3-2. La Française devait se découvrir, la dernière minute serait japonaise. Une fois, deux fois, le point tombera du côté nippon. Leïla Heurtault parvient à contrer dans les quinze dernières secondes, pour revenir à 3-5, mais la vidéo voit aussi un point pour Someya. 6-3, deuxième défaite, les lauriers olympiques sont désormais très loin.

L’immense Yin Xiaoyang, vice championne du monde 2018, n’est pas une combattante facile à prendre avec son allonge démesurée. Tout se joue sur un échange, la Française passe en dessous, vise au corps, le grand bras de la Chinoise se détend pour un impact au visage. Le point lui est donné. Sûre d’elle, Leïla Heurtault souhaite la vidéo que demande Olivier Beaudry, les images sont peu claires sur les caméras d’arbitrage, le ralenti de la télévision plus explicite. Il montre bien le contact du point de la Française et, au passage, l’imprécision du contre chinois. La demande sera néanmoins refusée. Un point c’est tout, cette fois c’est sûr, l’aventure olympique de Leïla Heurtault s’arrête là. Pas tout à fait tout de même puisque, ironie du sort, elle allait, pour son dernier combat, mettre deux jolies frappes dans le déclenchement au visage de la Turque Merve Coban, à ce moment-là invaincue. Une victoire sans signification autre que personnelle pour l’une ou l’autre puisque la Française était déjà sortie de la compétition, et la Turque déjà assurée d’être en phase finale.

Paco Lozano / Sen No Sen

Dans l’autre poule, peu d’indécision. Invaincues dans leurs trois premiers combats respectifs, l’Égyptienne Giana Lotfy, championne du monde 2016, affrontait la Serbe Jovana Prekovic, championne du monde 2018 et championne d’Europe 2021. Un partout à la fin du combat, victoire de la Serbe par « senshu ». Rien de fait pour la médaille d’or.

Malgré les espoirs déçus de la France aujourd’hui, il reste du karaté olympique à suivre ! Une catégorie des -75kg avec Rafael Aghayev qui débute à 10h et, vers midi et demi, les phases finales du kata masculin. Pas de Français hélas, mais un nouvel affrontement Espagne-Japon en perspective, avec cette fois le nippon, Ryo Kiyuna, trois fois champion du monde, et son rival Damian Quintero.