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Patrick Urvoy - FFK
Brève
Publié le : 22/10/2021

Gilles Cherdieu : « Nous avons hâte d’en découdre »

A moins d'un mois des Championnats du Monde de Dubaï (16-21 novembre), le Directeur Technique National Gilles Cherdieu revient sur la sélection de l'Equipe de France et dresse les objectifs pour cette compétition.

Des modalités de sélection différentes

« Comme nous l’avions annoncé depuis la réorganisation du haut-niveau en France, les sélections se feront sur des compétitions bien identifiées en amont. Nous souhaitons que les athlètes se préparent et s’entraînent en fonction d’un objectif bien précis. Fort de ce processus, cela demande une mise en condition particulière pour performer, comme c’est le cas pour les grands championnats internationaux. Alors, par rapport à la préparation olympique où les chances de se montrer étaient nombreuses, aujourd’hui nous avons fait le choix de privilégier une ou deux compétitions selon les catégories. A travers cette décision, nous souhaitions également remettre au premier plan les compétitions nationales, même si le calendrier n’a pas été en notre faveur pour les techniciens. Je veux que le meilleur Français remporte chez lui la compétition de référence en montrant ses meilleures dispositions. Cependant, cela ne veut pas dire que sa place est figée : il doit performer sur la compétition de référence sinon ce même processus se renouvellera. Le haut-niveau prend du temps, on le sait. Nous mettrons les moyens pour que cette Equipe de France soit composée des meilleurs karatékas à chaque compétition. Enfin, je tiens à souligner que les annonces des sélections équipes en combat ont elles été annoncées très tôt dans la préparation, avant les sélections individuelles, car nous jugeons le projet « équipe » très important. Il fallait l’arrêter très tôt pour permettre aux athlètes ensuite de se battre sereinement dans leur projet individuel. »

Une sélection rajeunie ?

« Nous ne cherchons pas forcément à rajeunir le groupe, ce n’est pas notre objectif. En tout cas, je pense que nous sommes arrivés à une fin de cycle : plusieurs karatékas tricolores ont annoncé leur retrait. Que ce soit une fin de carrière ou une pause, nous ne pouvons que respecter ces choix car si l’athlète le ressent ainsi, personne n’est mieux placé que lui pour connaître ses sensations. Nous de notre côté, nous devons penser à l’Equipe de France. A l’issue donc de la Coupe de France Combats et les compétitions en Suisse et en Croatie pour les kata que nous avons bien observées, nous avons choisi ceux et celles qui faisaient la meilleure impression. Chez les combattantes, il n’y pas de grandes surprises. En équipe, Alizée Agier, Laura Sivert et Léa Avazeri se connaissent parfaitement et ont envie de réaliser quelque chose ensemble. Nous incorporons dans ce groupe Jennifer Zameto, qui nous a prouvé par son état d’esprit et son engagement qu’elle serait un bon élément. Chez les hommes, nous avons un 7 très intéressant, en pleine construction. Nous souhaitons être performants sur les équipes, c’est notre objectif, notre indicateur de performance. Je pense également que la Coupe de France kata du week-end prochain nous servira encore plus à nous projeter avec les sélectionnés. La France se doit de reprendre sa place dans cette discipline. »

Les Championnats Méditerranéens de Limassol

« Nous allons profiter des prochains Championnats Méditerranéens à Chypre (ce dimanche 24 octobre à Limassol) pour monter en régime au sein de ce groupe. Cette compétition représente un point d'étape très important pour faire un état des lieux de la forme de nos combattants, aussi bien en individuel qu'en équipe. Avec des nations comme l'Egypte et l'Italie, nous devrions pouvoir mieux nous positionner. L'objectif n'est pas forcément la gagne mais la préparation en vue des Championnats du Monde, il faut que l'on reparte de cette compétition avec des sensations intéressantes, c'est la priorité. Ensuite, le travail restant à faire sera alors identifié puis optimisé pour que, lors des trois dernières semaines de préparation, tous les voyants soient définitivement au vert avant la grand échéance. »

Le retour des athlètes en para-karaté dans le collectif

« Nous sommes très heureux de pouvoir enfin retrouver ces athlètes ! Ils sortent de plusieurs stages de préparation pour ces Championnats avec une équipe ultra motivée. Ahmed Zemouri les prépare, épaulé par Alain Georgeon, élu en charge des para karaté, et plusieurs accompagnateurs plus que concernés. Ces derniers sont à mes yeux pleinement associés à la réussite des athlètes qu’ils soutiennent. La dynamique est bonne dans ce groupe, malgré des modalités administratives difficiles. Nous sommes fiers de les avoir avec nous car ils sont très souvent le ciment de notre collectif : l’équipe para, c’est également l’Equipe de France de karaté à part entière. Je les trouve admirables, je les trouve travailleurs et je sais qu’ils seront à la hauteur des espoirs que nous plaçons en eux. »

Quel objectif sur ces Championnats du Monde ?

« Je veux être très prudent car cela peut se jouer à peu de choses. S’approcher du podium au classement des nations serait déjà une très bonne chose. Si nous observons bien les résultats des Jeux Olympiques en combat notamment, finalement nous nous rendons bien compte que le karaté a évolué. Ce sont 8 nations différentes qui se sont partagées les titres, ce n’est pas anodin. Les Japonais ont eu du mal à dominer leurs propres Jeux, preuve que la concurrence est plus rude de jour en jour. En revanche, ce que j’attends de nos athlètes, c’est un comportement irréprochable, une grande envie de gagner et surtout des performances : ils en sont toutes et tous capables ! Nous sommes en train de reconstruire un vrai groupe qui j’espère, nous permettra de remonter rapidement en haut du classement. Nous avons hâte d’en découdre lors de ces Championnats du Monde. »