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Paco Lozano – Sen no Sen / FFK
Brève
Publié le : 12/12/2021

#LaRétro2021De... Ayoub Neghliz, entraîneur national kata

« Aboutissement et relance » : c’est par ces mots que l’entraineur national kata Ayoub Neghliz revient sur l’année 2021 du kata français. Avec en fil rouge les Jeux Olympiques et le plan de relance entamé au sein des effectifs, l’heure est au bilan pour les techniciens.

Test-matchs : « Relancer la machine »

« En mars et avril dernier, les test-matchs ont permis de relancer la machine. Après un an d’absence de compétitions, nous avions décidé d’inviter en grande majorité des athlètes français car nous voulions relancer nos sportifs, jeunes et seniors, leur donner l’occasion de se frotter aux meilleurs athlètes nationaux. Il y avait aussi un léger quota d’étrangers avec par exemple la présence de Juttner, l’Allemande présente à Tokyo 6 mois plus tard. Je pense à Lucas Hoffmann que nous découvrons réellement sur ces compétitions. Nous savions qu’il faisait du super boulot en club mais il est parvenu à accrocher des seniors. Cela avait également permis à Alexandra Feracci de se préparer au mieux pour les échéances à suivre et notamment la qualification pour les Jeux Olympiques. »

Porec 2021 : « Des Championnats d’Europe particuliers »

« C’étaient des Championnats d’Europe particuliers car il y avait dans un coin de la tête la course aux JO mais pas seulement. Nous avions fait les points positifs et négatifs des dernières années et le fait d’avoir délaissé quelque peu l’épreuve par équipe, je pense que c’était une erreur. L’idée sur ces Championnats était de penser à l’après-Jeux et donc, de relancer les équipes. Nous avons eu une vraie satisfaction avec une équipe « shito » chez les filles. Laetitia Feracci, Louise Frieh et Laura Pieri sont allées chercher une belle médaille de bronze et nous pouvons être fiers de cela. Chez les garçons, la porte était ouverte : ils sont devant les Russes au premier tour mais trop d’erreurs au second tour leur coûtent leur place en finale pour le bronze.

De son côté, Alexandra Feracci ne passe pas à côté de ses Championnats. Je savais que ce serait compliqué. Bottaro revenait de loin, elle ne devait pas faire cette compétition ni mêmes les Jeux Olympiques après son grave accident. Alexandra tombe sur elle en finale pour le bronze et ce n’était pas forcément gagné d’avance : l’Italienne est une habituée des podiums en K1, elle était numéro 3 ou 4 mondiale à ce moment-là. Elle s’incline de justesse mais elle réussit quand même à grappiller des dixièmes pour se rapprocher de son niveau. »

Denis Boulanger - FFK

Le TQO et les Jeux Olympiques : « Important d’avoir un représentant français kata »

« Encore une fois, le kata est difficile et différent du combat. Il y a une vraie culture, un gros travail de fond de mené et il n’y a qu’à voir les podiums des Championnats du Monde à Madrid en 2018 et ceux de Dubaï cette année : ce sont exactement les mêmes ! Les athlètes installés à ces places sont difficiles à déloger. Durant tout le processus de qualification, masculin et féminin, nous sommes partis de très loin. Mais depuis le début, malgré la pression et les doutes, je savais pertinemment que nous passerions par la case TQO (Tournoi de Qualification Olympique, NDLR). Je croyais beaucoup en Alexandra car elle faisait ce qu’il fallait. La Fédération l’a accompagnée sur des stages à l’étranger, au Japon par exemple, et nous avons pu voir qu’elle avait réalisé de véritables progrès. Peu importe le résultat de Porec, il ne fallait pas se détourner de notre objectif initial : la qualification pour Tokyo et elle a brillamment réussi son pari ! Après une première partie maîtrisée, elle a été très bonne en « round robin » le soir où elle accroche la Turque Bozan et sort deux gros kata pour décrocher son ticket.

Ensuite, j’ai un petit regret sur les Jeux Olympiques car j’ai l’impression d’assister à une consécration pour les sportifs habitués des podiums en compétitions internationales. La performance sportive de certains athlètes n’a pas été à la hauteur de leur niveau affiché durant le parcours de qualification. Ces sportifs ont malgré tout réussi à être sur le podium le Jour-J. Ça montre la marge de progression à avoir avant de figurer dans le peloton de tête. Mais c’est la loi du sport, nous la connaissons. Alexandra n’a pas démérité, elle est à sa place par rapport au ranking mondial en étant à trois dixièmes de la qualification. Malgré tout, cela reste une qualification aux Jeux Olympiques et elles n’étaient que dix dans sa catégorie. Surtout, il était important d’avoir un représentant français en kata lors de cet événement exceptionnel et pour le moment unique dans l’histoire. »

Dubaï 2021 : « Nous sommes en pleine reconstruction »

« Si on se tient au résultat comptable, nous ne pouvons pas être contents de notre équipe de France. Ceci dit, nous sommes en pleine reconstruction, notre équipe est rajeunie. Helvétia Taily a mérité sa sélection par rapport au parcours mis en place pour les Championnats du Monde. Elle arrive sur une première compétition senior où elle a pris de l’expérience mais surtout, elle s’est bien défendue. Elle talonne des leaders comme l’Américaine Kokumai et la Taipei Chien sur les deux premiers tours. Pareil pour Franck Ngoan qui est au coude à coude avec le Suisse Ujihara. Mais la différence entre les éliminatoires et les demi-finales qui te permettent de jouer les médailles est grande. On rentre dans un travail de puristes, avec moins de respiration et des critères bien précis sur lesquels nous sommes en train de travailler. Il y a encore une marge de progression, ils savent ce qu’il leur reste à améliorer pour monter dans la hiérarchie.

Enfin, nous avions entamé depuis Porec un rajeunissement des équipes. Les arrivées de Jonathan Maruani et Yves Bardreau sur les collectifs équipe de France ont permis d’insuffler une nouvelle dynamique : le kata français en avait besoin. L’équipe garçon a évolué car nous avons mis en place une grosse sélection afin d’obtenir les meilleurs athlètes. Ils font cinquièmes, c’est plutôt un résultat encourageant et nous voulons poursuivre sur notre lancée aux prochains Championnats d’Europe. »

Denis Boulanger - FFK

La saison 2022 : « Aller chercher des médailles à Gaziantep »

« Mettre le paquet sur les équipes, cela permet de montrer que le niveau global en France est bon. Nous essayons d’approcher les meilleures nations en remettant les équipes au centre du projet France Karaté. L’idée, c’est de les préparer de la meilleure des façons pour aller chercher des médailles à Gaziantep en Turquie en mai prochain. En ce qui concerne les individuels, ce sera une nouvelle fois une sélection car la performance sportive de haut-niveau passe toujours par la remise en question d’une compétition à une autre. Aujourd’hui, nous n’avons pas de leader affirmé chez les hommes et les femmes. Les deux techniciens qui se détacheront lors du parcours de sélection partiront aux Championnats d’Europe et ils devront jouer pleinement leur atout car ils auront une vraie chance de médaille. »