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Denis Boulanger - FFK
Brève
Publié le : 27/12/2021

#LaRétro2021De... Cécil Boulesnane, entraîneur national jeune

« Positif et progression » : Cécil Boulesnane revient sur une année 2021 marquée par les reports et le manque de compétition chez les jeunes. L’entraîneur national du Pôle France fait le bilan des Championnats d’Europe avant de se projeter sur la prochaine saison.

Le début d’année 2021 : « Trouver les leviers »

« Il faut savoir que tous les pensionnaires du Pôle France de Châtenay-Malabry sont inscrits sur les listes « Sportifs de Haut-Niveau » du Ministère des Sports. Durant toute la période d’arrêt des activités sportives dans le pays, ils ont pu bénéficier d’une dérogation leur permettant de poursuivre leurs entraînements au CREPS. Ils continuaient d’aller à l’école, ils dormaient à l’internat et ils s’entraînaient avec nous le soir donc leur vie d’athlète n’était pas si différente. Par contre, nous avons dû adapter nos exercices en fonction des règles en vigueur, comme par exemple le respect des distances et le port du masque. C’est plutôt le manque de compétition qui nous a freinés dans l’évolution des jeunes. En plus, lorsque nous avons eu l’occasion de renouer avec la compétition avec les premiers test-matchs, nous avons eu des cas de COVID à ce moment-là au Pôle : les athlètes n’ont donc pas pu remettre le kimono sur une compétition immédiatement. C’est très compliqué de tenir les athlètes sur des entraînements pendant une année sans objectifs concrets. Notre objectif à nous, entraîneurs, c’était de trouver les leviers pour leur donner envie de rester motivés et positifs. De manière un peu plus ludique, nous avons essayé de leur fixer des objectifs à court terme sur de la progression technique. »

Championnats de France jeunes : « Agréablement surpris par le niveau »

« Le staff avait demandé aux athlètes d’être en forme ce jour-là car les sélections se feraient sur cette compétition. En règle générale, nous avons été agréablement surpris par le niveau et l’engagement des athlètes sur ces Championnats. Que ce soient les athlètes du Pôle ou ceux des clubs « élites » qui ont pu continuer à s’entraîner également, ils ont tous proposé un très bon niveau. Nous étions contents de nos sélections pour les stages et la sélection finale pour les Championnats d’Europe qui arrivaient trois semaines plus tard. Cette année était une nouvelle fois particulière puisque d’habitude, nous avons les différentes coupes de France (cadets, juniors et espoirs) pour voir en action les potentiels sélectionnés. En 2021, nous avons découvert beaucoup de cadets que nous n’avions pas vu évoluer par exemple. Finalement, nous avons réussi à caler deux stages en plein été mais nous n’étions pas sûrs de performer à l’échelle européenne derrière. » 

Denis Boulanger - FFK

Tampere 2021 : « Le niveau de la France était dense et bon »

« Historiquement, la catégorie des cadets est toujours compliquée pour nous en termes de résultats. Nous avons plus tendance à performer en juniors chez les Français. Mais sur ces Championnats, nous réalisons une bonne première journée en Finlande. Nous suivions déjà depuis un petit moment Hairiss Hierso qui finit Champion d’Europe en cadets. Nous savions qu’il travaillait bien avec son club à Besançon mais ce qui est particulier avec lui, c’est qu’il sort d’un Championnat de France très moyen, où il a remporté la plupart de ses combats aux drapeaux. Il avait eu du mal à s’exprimer, à marquer des points mais par contre, à Tampere, il a bien assimilé les conseils donnés sur les dernières semaines pour s’imposer : c’était un peu une surprise à vrai dire. Ensuite, nous faisons deux médailles de bronze avec Faith Porquet en combat et Maï-Linh Bui en kata pour compléter le tout.

La deuxième journée était celle des juniors. Alors oui, je pense que nous ne faisons pas autant de médailles qu’espéré mais le niveau de la France était dense et bon. Sur neuf catégories en combats, cinq jeunes se retrouvent dans le top 7 européen donc c’est bon signe. Thalya Sombe prend le bronze mais ils sont deux à échouer en place de trois : je pense à Lenny Deric et Chloé Breuzard. Ils ne sont pas récompensés par une médaille mais leur niveau était bon. Il a parfois manqué un peu de chance, un peu d’expérience aussi pour monter sur le podium. Comptablement, nous n’étions pas dans nos objectifs mais nous avons vu des athlètes passer des tours, se montrer combattifs et c’est une donnée positive pour le futur. La preuve par exemple avec Amir Zouaoui qui a pris beaucoup d’expérience et qui réalise un très bon début de saison avec notamment une 7ème place à la Coupe de France seniors en octobre dernier.

La dernière journée est également positive pour nous parce que nous sommes présents sur trois finales sur 10 catégories en combat. Jennifer Zameto et Natanaële Flamand, qui s’inclinent en finale, réalisent de beaux parcours même si reste cette petite déception des finales perdues. Elles montrent une nouvelle fois une progression constante. De son côté, Raybak Abdesselem qui restait sur plusieurs podiums internationaux jeunes de suite, parvient enfin à prendre ce titre en espoir, c’était une belle performance. Après, nous avons de petites déceptions du côté de Assma Charif, Younesse Salmi et Niswa Ahmed, même si elle termine 5ème ce qui n’est pas non plus déméritant. Nous pouvons déjà voir chez ces athlètes une certaine capacité de rebond pour reprendre le cours de leur progression depuis septembre. C’est vrai que nous voulons toujours placer de jeunes français sur les podiums internationaux mais l’objectif final est tout autre. Notre réelle mission d’entraîneur national jeune, c’est de préparer les jeunes à devenir de membres importants de l’Equipe de France seniors dans le futur. » 

Denis Boulanger - FFK

La saison 2022 : « Top 3 européen et le top 5 mondial »

« Le premier bémol pour la saison à venir, c’est déjà que les Championnats d’Europe jeunes de Prague ont été reportés au mois de juin. Cela nous amène ce petit stress en espérant cela ne provoque pas toute une vague de report pour la suite de la saison. Ce serait très dur de vivre une seconde période comme cela pour les jeunes. Ce report signifie pour certains un changement de tranche d’âge et c’est un coup dur pour eux autant que pour nous d’ailleurs. Par exemple, Amine Hellal réalisait une très bonne saison junior jusque-là (vainqueur de la Coupe de France juniors et de la Youth League de Venise) : il devra gagner sa sélection en espoir alors qu’il n’aura pas pu terminer ses années juniors avec l’expérience d’un championnat d’Europe. Six mois de décalage et les cartes sont redistribuées chez les jeunes. Cependant, cela ne doit pas nous détourner de notre objectif sur chaque compétition internationale : le top 3 européen et le top 5 mondial. Des nations sont en progrès et la concurrence se fait rude mais nous devons continuer de former nos athlètes. Evidemment, nous ferons tout pour avoir le maximum de médailles mais il ne faut pas non plus perdre de vue qu’un bon parcours sans médaille peut aussi être une base de travail pour nous. Le bilan comptable et le classement des nations est plus important chez les seniors. Avoir des jeunes combattifs qui gardent leur lucidité et qui ont un bon niveau technique et d’agressivité : c’est déjà une bonne base de travail. »