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Paco Lozano - Sen No Sen
Brève
Publié le : 29/12/2021

#LARÉTRO2021DE... Steven Da Costa

20 victoires et 2 défaites : c’est le bilan de Steven Da Costa cette saison. Avec notamment 2 finales XXL, retour sur les 7 combats clés d’une année 2021 en lettres d’or pour le premier Champion Olympique de l’histoire et désormais double Champion du Monde.

Karate 1 Premier League Lisbonne 2021, finale contre Almasatfa (JOR) : victoire 1-0

« A ce moment, je sais que je ne suis pas prêt et ce sentiment dure depuis un petit moment dans ma tête. Mon père, qui me coachait sur cette compétition, n’est pas d’accord avec moi, il pense que tout va bien et malheureusement, je n’arrive pas à lui donner tort parce que je gagne (rires) ! Je gagne en finale mais cela se joue à rien en vrai, je le surprends sur un coup opportuniste. D’ailleurs, je suis sûr que le Jordanien, de son côté, il est rassuré puisqu’il me tient tête tout le combat quasiment. De mon côté, cela me renforce sur le fait que je ne vais pas encore bien et je commence un peu à douter. Le problème, c’est que les Championnats d’Europe arrivent quelques semaines plus tard et le manque de préparation commence à être problématique. » 

Championnats d’Europe 2021, quart de finale contre Plakhutin (RUS) : défaite 8-2

« Ces Championnats d’Europe sont très compliqués pour moi. Je me suis beaucoup focalisé sur la défaite contre le Russe mais que ce soit en individuel ou même sur mes combats par équipe, franchement je n’étais pas bon voire horrible parfois ! Le fait de perdre mon titre (Steven était Champion d’Europe en titre depuis 2019, NDLR) me touche un peu mais pas tant que cela finalement. Je ne remets pas en jeu mon titre comme à la boxe par exemple mais je perds une compétition et je déteste cela. Mais après tout, avec Olivier (Beaudry), on se dit aussi que c’était peut-être un mal pour un bien pour la suite de la saison. Cela ne me fait pas peur non plus car je sais que je me suis mis tout seul un frein en tête par rapport à mes propres sensations. Il me restait du temps et pour enlever ce frein, je savais qu’il ne restait qu’une seule chose à faire : m’entraîner comme un dingue jusqu’en août. » 

Denis Boulanger

Jeux Olympiques Tokyo 2020, 2ème combat contre Almasatfa (JOR) : défaite 4-7

« C’est un combat qui n’a rien à voir avec la finale de Lisbonne en avril. J’étais dans une position particulière sur les Jeux Olympiques : tous mes concurrents n’allaient pas forcément cherchés à me battre mais plutôt à assurer le match nul. J’étais donc obligé de me livrer et au second combat face Almasatfa, qui contre beaucoup en ura mawashi, j’ai sûrement pris trop de risques, en tout cas trop rapidement. Le côté positif de ce format est qu’une défaite en poule n’était pas éliminatoire comme sur nos compétitions classiques donc j’abordais les tours un peu différemment. Une chose est sûre : si ce combat avait eu lieu en demi-finale ou en finale, cela ne se serait pas passé de la même manière, je n’aurai pas eu le même comportement. » 

Paco Lozano - Sen No Sen

Jeux Olympiques Tokyo 2020, demi-finale contre Assadilov (KAZ) : victoire 5-2

« C’est vrai que beaucoup de personnes voyaient en ce combat une finale avant l’heure. Il a un profil un peu « chiant » à combattre pour moi, il est très fort lorsqu’il marque le premier point. Sur la demi-finale, il prend le score justement mais je ne le laisse pas gérer son combat comme il veut car j’égalise juste derrière quasiment. Puis sur la suite du combat, je parviens à prendre le dessus grâce à mon yoko. Je l’ai percuté fort, il a été coupé en deux et je vois que derrière, il n’a plus les ressources suffisantes pour venir me chercher alors qu’il reste trois secondes. Après, il me tend la main l’air de dire « c’est bon, je ne viens plus, tu as gagné » mais je me méfie quand même, je ne lui sers pas la main tout de suite ! On ne sait jamais, c’est une demi-finale aux JO donc le fair-play, tu te demandes s’il existe vraiment. Je ne pense pas que ce soit ce genre de combattant mais imagine le scénario si cela se finit comme ça (rires) ! » 

Xavier Servolles

Jeux Olympique Tokyo 2020, finale contre Samdan (TUR) : victoire 5-0

« Sur la finale des Jeux Olympiques, je préfère ne pas me poser de questions et de toutes façons, je n’ai pas trop le temps car cela enchaîne très vite après la demi-finale. J’étais confiant car tout le monde me voyait perdant face à Assadilov : il était en feu tout le matin et moi j’avais perdu un combat. Moi, mentalement, ça me pique dans mon orgueil et je l’élimine. Derrière, je savais que c’était Samdan qui allait sortir de l’autre demi-finale, je l’avais dit à Olivier. Eray, c’est un combattant très costaud attention, il est allé chercher sa place aux Jeux sur le TQO à Paris donc il était en forme. En montant sur le tatami pour la finale, je ne me pose pas de questions, je veux juste lâcher mes techniques et je savais que cela se passerait bien. Sur les quinze dernières secondes, tout va très vite. C’est une situation dans laquelle j’ai l’habitude d’être en compétition mais aussi en entraînement. Gérer son avance dans les derniers instants d’un combat, c’est devenu limite instinctif pour moi. Dans un coin de ma tête, je sais que je ne peux pas sortir car j’ai déjà mes trois sorties. Le ura que je sors à trois secondes de la fin ? Impossible de l’expliquer… Je sais pourquoi il rentre mais je ne sais pas pourquoi je le tente : je prends un gros risque mais surtout, lui ne s’attend pas à ce que je fasse ça maintenant ! C’est en prenant des risques qu’on fait de belles finales (rires) ! » 

CNOSF/KMSP

Championnats du Monde 2021, demi-finale contre Nakano (JAP) : victoire 3-2

« Sur ce combat, je ne sors aucune technique de jambes et je ne lui donne aucune information sur ces mouvements. Je faisais beaucoup de technique de poings et je voulais à tout prix garder ma canne pour un moment où il ne s’y attendait pas du tout. Il finit par me laisser une toute petite ouverture, je me jette dedans et cela m’a réussi. Je l’ai déjà dit mais combattre un Japonais, ce n’est jamais les mêmes combats que contre les autres nations. Plus le combat avançait, plus je me sentais passer à côté de ma demi-finale. Non pas parce que je n’étais pas bon mais parce qu’il était parvenu à bien me contrôler. Certes, il était très solide mais il était tout le temps en contre. Il me sanctionne deux fois sur deux erreurs de ma part mais c’est moi qui fais tout le combat. Je commence un peu à douter mais pas trop non plus car en fait, je ne voyais pas le temps, je ne m’étais pas rendu compte qu’il restait 18 secondes. » 

Denis Boulanger

Championnats du Monde 2021, finale contre Pavlov (MAC) : victoire 8-0

« Pour cette finale, j’avais deux scénarios en tête : je gagne et je gagne largement, ou un combat où je perds d’un point sur une erreur car Pavlov, c’est un contreur. Je ne pourrais pas dire pourquoi le combat s’est déroulé comme cela mais c’est bien la première idée que j’avais en tête qui se réalise. Dès le début, j’ai directement senti qu’il avait peur de moi, qu’il craignait tous mes départs d’attaques et à partir du moment où je menais, j’étais dans l’optique de mettre des points sans vouloir gérer tranquillement le combat. Je savais que cela allait devenir trop compliquée pour lui de revenir sur moi alors je voulais appuyer, ne pas galérer sur la fin à perdre le senshu et à défendre un petit score. Tu as toujours envie de marquer ton combat avec de belles actions mais pas à ce point-là : alors, sur une finale de Championnats du Monde, c’est encore plus beau ! »

Denis Boulanger