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Denis Boulanger - FFK
Brève
Publié le : 28/01/2022

Paris Open Karate 2022 : entre jeunesse et confirmation !

L’édition 2022 du Paris Open Karate promettait de faire la part belle aux athlètes français avec une inscription ouverte à tous. Une occasion saisie par de nombreux jeunes sélectionnés par les entraîneurs nationaux pour se montrer à Coubertin.

Kata : duel France-Allemagne

Elles ne se quittent plus ! L’édition 2022 du Paris Open Karate a proposé un nouvel épisode au duel de longue date entre la Française Alexandra Feracci et l’Allemande Jasmin Juttner. Toutes deux médaillées européennes, elles avaient obtenus à Coubertin le billet pour Tokyo lors du Tournoi de Qualification Olympique. En août dernier, elles étaient les premières à fouler le tatami du Budokan Nippon aux Jeux Olympiques en terminant à la même place, 7e. Le week-end dernier, c’est finalement la Corse qui a réussi à prendre le dessus sur sa concurrente germanique. Pas de notes mais une décision aux drapeaux (4-1) favorable. Avec cette victoire, la médaillée de bronze aux Championnats d’Europe en 2019 est définitivement de retour aux affaires. L’autre engagée France Karate était Hélvetia Taily. Après deux premiers tours bien maîtrisés, la Réunionnaise devait s’incliner de peu face à la vice-championne du Monde espoirs 2019 (3-2), l'Italienne Casale. Tout semble à croire que les destins du kata français et allemand sont forcément liés. Ils se rencontrent souvent en championnats internationaux et ce fut le cas une fois de plus chez les hommes. Franck Ngoan devait affronter en finale Ilja Smorguner, adversaire de 16 ans son aîné ! Après avoir franchi brillamment ses premiers tours, le Francilien ne lâchait qu’un seul drapeau en demi-finale contre l’autre membre France Karaté, Fabien Tran. Finalement dimanche, lors de la finale, c’est bien l’Allemand qui jouera de son expérience pour passer devant le jeune tricolore et le coiffer à domicile. Une défaite 3-2 pour Franck Ngoan qui doit le pousser à continuer ses efforts pour approcher les meilleurs mondiaux. De son côté, Fabien Tran ne parvenait pas à accrocher le podium : il termine 5e après une défaite contre l’Anglais Jack Wilson.

Quant aux équipes, les sélections des Equipes de France ont été impactées par les pépins physiques de leurs membres. Après des cas de COVID au sein de l’équipe homme et une blessure de Laetitia Feracci chez les femmes, les deux équipes n’ont pas pu s’aligner. Dès lors, il ne restait que la jeune équipe homme composée de Lucas Hoffmann, Hugo Poisson et Haron Weiss pour porter les couleurs tricolores. Une opportunité bien saisie par les vice-champions d’Europe jeunes qui s’emparent de la médaille de bronze contre l’équipe du Mabushi Veigne Club Karaté.

Denis Boulanger - FFK

Combats hommes : la jeunesse au pouvoir !

Les entraîneurs nationaux combat avaient souhaité monter une sélection France Karaté résolument jeune pour observer les comportements des athlètes dans des conditions de grandes compétitions. « Le but de laisser les athlètes être coachés par leur entraîneur de club était de leur permettre d’évoluer dans leurs meilleures dispositions, évoque Olivier Beaudry. D’un autre côté, le staff de l’Equipe de France pouvait prendre du recul pour mieux analyser les performances et les actions des athlètes. Cela entrait aussi dans ce processus de collaboration avec les clubs afin de mieux connaître les athlètes ». En l’absence du titulaire habituel de la catégorie des -60kg Enzo Berthon (qui a fait le choix de monter de deux catégories), c’est le jeune Rayyan Meziane qui a su montrer l’étendue de son talent. Le pensionnaire du club de Puteaux passait les écueils un à un pour se frayer un chemin jusqu’à la finale où il devait affronter l’Algérien Sami Tas. Pour sa première sélection avec le collectif France Karaté, il remporte son premier Paris Open Karate dans un duel serré jusqu’à la fin du combat.

Denis Boulanger - FFK

En -67kg, en l’absence du Champion Olympique et double Champion du Monde Steven Da Costa (blessé et forfait), Younesse Salmi a une nouvelle fois prouvé qu’il savait profiter de la moindre occasion pour montrer sa valeur. Avec une première victoire inaugurale autoritaire face au Brésilien vice-champion du Monde 2018 Figueira qui lui ouvrait la voie, il parvenait à rejoindre la finale après 4 combats maîtrisés de bout en bout. En finale, il avait rendez-vous avec une petite surprise : le Belge Quentin Mahauden, habitué de la catégorie supérieure, venu se tester en -67kg le temps d’un week-end. Bien gêné par son jeu de jambes et mené à 30 secondes de la fin, le Français signait finalement un retournement de situation tonitruant pour s’imposer sur le fil. Il a d’ailleurs été félicité par Steven Da Costa, présent en tribune tout le week-end. Avec 3 engagés dans la catégorie supérieure, les duels en -75kg allaient forcément être disputés. Raybak Abdesselem, Kilian Cizo et Ryan Gari montaient crescendo pour rallier les demi-finales, seulement complétées par l’Ukrainien Pashchenko. Sur la première d’entre elle, le jeune Gari parvenait à prendre le dessus sur l’Arlésien Abdesselem 6-2, tandis que de l’autre côté, son partenaire de club à Sarcelles Kilian Cizo faisait le nécessaire pour écarter la menace ukrainienne. En finale, il était fort à parier que le duel serait serré et il l’a été ! A multiplier les entraînements, on finit par connaître son adversaire par cœur mais c’est finalement le plus jeune des deux, Ryan Gari, qui finissait par s’imposer sur la plus petite de marques, 1-0.

En -84kg, Jessie Da Costa a conforté son nouveau statut de leader de la catégorie. Après des premiers tours aisés, le médaillé de bronze des derniers Championnats du Monde est parvenu à remporter sa demi-finale contre Kenji Grillon, un duel qui se refusait à lui depuis un moment. En finale, il ne laissait aucune chance au jeune Hongrois Kapdebo avec un combat remporté 9-3. Ce même adversaire qui avait sorti un autre Français en demi-finale, Lahad Cissé. Le pensionnaire du Club Sauvegarde Besançon réalisait un sans-faute avant d’échouer au dernier combat. Cela ne l’empêchait pas de remporter le bronze face à son compatriote, Hamza Sam. Dernier engagé France Karaté de la catégorie, le jeune Alexandre Martins Nunes, 19 ans, échouait quant à lui au troisième tour. Enfin, il attendait ce moment depuis un moment : Mehdi Filali était officiellement de retour le week-end dernier ! Après sa blessure à la cheville en fin d’été 2021, l’athlète de Mont-Saint-Martin réussit une belle compétition de rentrée. 4 combats remportés et un gros combat en finale contre son compatriote Salim Bendiab plus tard, il repart de Coubertin avec une médaille d’argent méritée, égalant son meilleur résultat de 2018 au Paris Open Karate. De son côté, Faadel Boussag n’a pas su s’exprimer échouant dès le premier tour face au Brésilien Felipin (futur médaillé de bronze, NDLR) et Dnylson Jacquet avait dû déclarer forfait au dernier moment.

Combats femmes : les leaders au rendez-vous !

Si chez les combattants hommes, le public de Coubertin avait pu découvrir quelques nouveaux visages, chez les femmes, la logique a plus ou moins été respectée. Seule engagée de sa catégorie, Niswa Ahmed a remporté ses trois combats haut la main, s’offrant même le luxe de remporter sa finale en prolongation au terme d’un combat stressant pour les supporters venus en nombre. 5 secondes auront suffi à prendre l’avantage pour remporter une belle médaille d’or, sa première à Coubertin. La Championne du Monde espoirs 2019 prouve encore qu’elle est, pour le moment, sans conteste la meilleure française de sa catégorie. Dans la catégorie supérieure, l’autre Championne du Monde espoirs 2019 Assma Charif avait fort à faire en -55kg avec la présence dans le tableau de l’Ukrainienne Terliuga, vice-championne olympique à Tokyo l’été dernier. Après deux combats remportés, la pensionnaire du club de Puteaux devait lâcher devant la fougue de la jeune Française Tylla Levacher, âgée de 19 ans. Malgré cette défaite en demi-finale, elle réussissait à se ressaisir pour prendre le bronze face à l’Estonienne Lirisman. Un résultat à confirmer dans les prochains mois en vue des sélections pour les Championnats d’Europe seniors qui se profilent.

La catégorie des -55kg s’ouvre peut-être en effet car la titulaire des derniers Championnats du Monde, Léa Avazeri, a entériné son choix de vouloir monter d’une catégorie pour se retrouver en concurrence directe avec ses coéquipières d’équipe, Jennifer Zameto et Laura Sivert. Placées dans le même tableau, les deux premières allaient devoir s’affronter en demi-finale mais c’est bien la Marseillaise qui prenait le dessus sur sa cadette. De l’autre côté, grosse performance de la part de la Bisontine Laura Sivert qui tenait la dragée haute à l’Ukrainienne Serogina, vice-championne du monde de la catégorie à Dubaï en novembre dernier. Plus que cela, c’est la Française qui sortait vainqueur de son duel pour se frayer un chemin jusqu’en finale et affronter sa partenaire de chambre en Equipe de France, Léa Avazeri donc. Comme pour les -75kg chez les hommes, le public de Coubertin a eu le droit à un duel serré entre les deux Françaises, ne laissant aucune place à la surprise. Une seule technique de poing en prolongation suffisait au bonheur de Léa Avazeri pour remporter son premier titre à Paris. De leur côté, Emma-Marie Elisabeth s’était inclinée d’entrée contre Serogina et Jennifer Zameto parvenait à empocher une médaille de bronze méritée contre la Néerlandaise Landman.

Denis Boulanger - FFK

Le plateau s’annonçait également relevé en -68kg ! Trois athlètes France Karaté se dressaient face à la Championne du Monde en titre, Irina Zaretska : Alizée Agier, Natanaële Flamand et Thalya Sombe. Cette dernière poussait d’ailleurs dans ces retranchements l’Azéri en demi-finales mais cela ne suffisait pas pour la renverser. Elle pouvait tout de même se ravir de sa médaille de bronze glanée dimanche. Dans l’autre demi-finale, le duel franco-français tournait en faveur d’Alizée Agier contre la vice-championne d’Europe espoirs Natanaële Flamand. En finale, malgré un coup reçu au bras, la Française finissait par prendre le dessus contre Zaretska pour remporter sa quatrième victoire au Paris Open Karate, la première depuis quatre ans. Enfin, en +68kg, la seule engagée France Karaté gagnait son premier combat au prix d’une lutte acharnée contre la Brésilienne Silveira (10-6) mais devait céder en demi-finale contre la future vainqueur, Nancy Garcia (engagée avec son club CAD Arles, NDLR). Le dimanche, la jeune Française ne parvenait malheureusement pas à faire la différence contre la Finlandaise Keinänen et devait se contenter d’une cinquième place prometteuse.

 

En définitive, le bilan France Karaté lors de cette édition 2022 du Paris Open Karate est plutôt bon. Avec 8 titres remportés sur 12 possibles, l’évolution des effectifs se poursuit : « Nous avons observé de très bonnes choses avec notamment cette nouvelle génération qui émerge, ajoute Olivier Beaudry. Le niveau des athlètes mais aussi de l’adversité sur cet Open était intéressant et il permet à tout le monde de pouvoir jauger son évolution ». Les prochaines compétitions nationales permettront d’en connaître un peu plus sur la sélection des Championnats d’Europe seniors en mai prochain, à Gaziantep en Turquie (du 25 au 29 mai 2022).